Nous ouvrirons ensuite un débat avec la salle et répondrons à vos questions.
Il faut dire qu'à travers l'histoire, on constate un effet de balancier :tantôt les propriétaires augmentent leurs loyers et les spéculateurs gagnentde l'argent, tantôt les luttes donnent l'avantage aux locataires soutenuspar des gouvernements qui, craignant des révoltes, en arrivent à bloquerles loyers ou à annuler ceux qui sont impayés.
L'origine du problème du logement pour une classe sociale particulière sesitue juste avant la révolution industrielle : de la révolution qui a eulieu dans l'agriculture avec les « enclosures », c'est à dire, l'élevageintensif du bétail dans des parcs à bestiaux et de la fin des terrainscommunaux. A l'époque, le logement est mixte entre les classes de la sociétésur des espaces rapprochés. A la campagne, les maîtres et les domestiquesvivent autour de la cour de ferme, proches du bétail pour se réchauffer. Enville, les chevaux occupent le rez de chaussée des maisons bourgeoises, lespropriétaires le premier étage et les domestiques les greniers et lescombles. Seuls la pègre et les saltimbanques habitent certains coins dequartiers qu'il vaut mieux ne pas fréquenter. C'est pour résoudre lelogement de la nouvelle classe ouvrière que des cités ont été créées,
Avec l'arrivée des « enclosures » dans les campagnes, la population ruraledisparaît, et avec elle les baux communaux où les petits paysans pouvaientfaire brouter leur vache ou leur chèvre pour survivre quand ils n'avaientpas de travail. Les moutons et les vaches se gardant seuls, les enclosfurent agrandis sur tous les espaces communaux. Les ouvriers agricoles ontdonc gagné la ville en masse pour survivre et se sont entassés dans deshabitations avec toilettes dans la cour et eau à la pompe.
Or, au même moment, l'arrivée de la machine à vapeur, de l'industrialisationet de l'organisation du travail auront besoin de cette main-d'oeuvredisponible. Les propriétaires se satisferont de cette nouvelle demande delogements et entasserons ces ouvriers dans des pièces à l'état sanitairedéplorable. Ce sont les premiers "squatts". A l'époque, on paye son loyer àterme échu, soit tous les trois mois. Lorsqu'apparaît le chômage, on verrades locataires fuir à travers les rues de Paris, en emportant leurs bienssur une charette et huit jours avant l'échéance, pour ne pas payer leurloyer.
C'est ainsi qu'on peut situer l’histoire du logement et du logement socialen particulier au milieu du 19ème siècle. En effet, c’est en 1832 qu’à lasuite d’une épidémie de choléra qui a fait plus de 18 000 morts, troismédecins mettent en cause les conditions déplorables de logement. En fait,la situation est allée en empirant depuis le début du 19ème siècle où lahausse de la natalité, le chômage et l’inflation vont être à l’origine d’unemigration des populations. Migration d’ailleurs encouragée par un patronatqui a besoin de main-d'oeuvre pour ses usines du capitalisme naissant. Enmatière de logement, la demande dépassant très rapidement l’offre, certainspropriétaires n’hésiteront pas à proposer à la location des habitations trèsprécaires. C’est à cette époque que le caricaturiste Honoré Daumier publieentre 1848 à 1856 ses trois séries de dessins intitulées "Locataires etpropriétaires" qui sont d’une étonnante actualité. (illustrations en fin d’article)
Pour répondre à cette crise du logement, on assiste alors à un doublemouvement qui va faire évoluer les conditions de logement : celui du baronHaussmann et celui de la bourgeoisie.
Le baron Georges-Eugène Haussmann, préfet de la Seine de 1853 à 1870, met enoeuvre les recommandations de Napoléon III. Détruisant les vieux quartierscentraux médiévaux, Haussmann crée des percées, grandes avenues rectilignesbordées d’arbres et d’immeubles en pierre de taille. Haussmann ne sepréoccupe pas de logement populaire. Chassés par l’augmentation des loyers,les ouvriers doivent alors quitter les quartiers centraux et s’installerdans les nouvelles communes annexées. Contrairement aux petites rues quipouvaient se couvrir rapidement de barricades, les grandes avenuespermettent, elles, d’amener rapidement les troupes armées dans les quartiersouvriers.contre les ouvriers qui manifester contre le manque de travail lavie chére ou les logement trop rare ou trop chére
A Limoges c'est le moment de la construction du quartier de la préfecture et jean jaurés avec des démolition et les nouveaux grand axe av libération et ceinture interne.
En réaction aux grandes épidémies se développe en France un couranthygiéniste réunissant des protestants, des catholiques sociaux et desconservateurs moralisateurs. Leur paternalisme rejoint la préoccupation dupatronat de l’époque qui souhaite installer le logement de ses ouvriers., àproximité des usines et des fabriques que la révolution industrielle faitsortir de terre. Dans un siècle qui a connu les révoltes de 1830, 1848 et lacommune de Paris en 1871 la bourgeoisie voit dans le logement des classespauvres (notamment sous forme de maison individuelle en propriété) un moyende les détourner des luttes révolutionnaires. Ces défenseurs ne se cachentpas de leur intention pour autant, puisque comme l’explique l’un desfondateurs des HBM, Jules Siegfried, le projet de cité ouvrière est d’abordun projet de régulation sociale par l’amélioration des conditions de vie :« Voulons-nous faire des gens heureux et des vrais conservateurs ;voulons-nous augmenter les garanties d’ordre, de moralité, de modérationpolitique et sociale ? Créons des cités ouvrières ».
Les premières cités de ce type sont créées par des entreprises et l’on voitnaître la cité ouvrière de Jean Dollfus à Mulhouse, les habitationsouvrières des Mines à Blanzy, à Anzin, celles de Menier à Noisiel, deSchneider au Creusot, le familistère de Godin (le fabricant de poêles)... Leprincipe est toujours le même avec des variantes : les habitants sontproches de leur usine, ils sont encadrés par un contrôle hygiéniste,disposent de commodités modernes (lavoir, séchoir, pavillon de bains,visites gratuites d’un médecin, garderie) mais ils doivent aussi sesoumettre à la fermeture des grilles à 22 h et à l’inspecteur qui veille auxbonnes mœurs des locataires. Ce contrôle se traduit visuellement par lesystème de paliers, coursives et escaliers sous verrière qui permet à tousde contrôler les autres.(1)
En 1889, au cours de l’Exposition Universelle, un Congrès International desHabitations Ouvrières crée l’appellation "Habitations à Bon Marché". Les HBMétaient nés. 5 ans plus tard, le 30 novembre 1894 la loi SIEGFRIED créantles sociétés anonymes d’HBM est votée..
C'est dans cet esprit qu'on verra à Limoges la construction des cités des Coutures et Victor Thuillat prét d'usine de porcelaine, puis de Beaublanc.
Les sociétés d’HBM sont encouragées par des exemptions d’impôts et l’ouverture de sources de crédit : établissements charitables, Caisses desdépôts, Caisse d’épargne (en 1895). Le but de la loi Siegfried et desdispositifs qui l’accompagne était un large développement des sociétés d’HBMet un accroissement de la construction de maisons ouvrières. Mais aucuneobligation n’étant créée et les financements privilégiés se faisantattendre, il n’y aura que 18 sociétés créées de 1898 à 1906. Ainsi, à la findu 19° siècle, les bénéficiaires de logements construits par les SociétésAnonymes d’HBM étaient principalement des ouvriers logés par leurs patrons.
Intervient alors le vote de la loi Strauss le 12 avril 1906. En créant lesSociétés Coopératives d’HBM elle élargit le champ d’application de la loi de1894, tant du côté des bénéficiaires que du côté des actions à entreprendre.Elle facilite les opérations de financement grâce à l’accès direct à laCaisse des dépôts et permet l’ingérence de la collectivité locale sous formed’un concours financier possible.
Le 10 avril 1908 est créée une société de prêts, la société de CréditImmobilier, dans le but de favoriser l’accès à la petite propriété, surtouten milieu rural, et d’enrayer l’exode rural. Il faut noter un financement defaveur consenti par l’Etat pendant 25 ans au taux de 2%. Telle est l’oeuvrede la loi Ribot. C’est le 1er exemple d’aide à la pierre.
Puis l’aide de l’Etat en faveur du logement social est rendue possible parune loi de 1912 qui crée les offices publics d’HBM (loi Bonnevay) et par laloi Loucheur de 1928.
Cette dernière projette de remédier à la crise du logement qui se faittoujours aussi aiguë. Elle institue d’une part un programme de constructionde 260 000 logements, réparti sur 5 années, avec un financement d’Etatpouvant aller jusqu’à 90% du coût ; d’autre part, elle pose le problème de l’habitat des classes moyennes et 60 000 logements à loyer moyen sontégalement programmés sur 5 ans (ILM). Mais la crise économique de 1929éclate et entraîne l’arrêt de la construction et la non-reconduction de laloi Loucheur.
la Caisse des Dépots et Consignations est l'organisme qui recueille, gère et rémunère les sommes collectées par le livret A de la Poste et qui le prête pour la construction des logements sociaux. Ces sommes sont remboursées en 40 ans pour le bati ou 60 ans pour les terrains, De méme, vos économies déposés à la Caisse d'Epargne sont prêtées aux HLM et remboursées en 40 ans pour le bâti et 60ans pour le terrain,
Quand votre livret A vous rapporte 2,5% d' intérêt, la caisse des dépots prête à3,5% aux HLM. Donc, en regardant de plus près, les sommes soit disant disponibles des livret A sont bloquées pour 40 ou 60 ans dans la construction HLM où cela représente près de 70 % du coût de la construction aujourd'hui. L'intérêt de votre livret A revient en vérité à près de 15% du montant de votre loyer (montant des intérêts de la dette des HLM) Mais cela marche,jamais on a vu les remboursements des livrets A se généraliser. Par contre si l'état prêtait à taux zéro les sommes dues par les HLM, les loyers baisseraient immédiatement de 15%,,,
L'aide de l'état entre 1970 et 2006 est passé de 60% a 15% du cout de la construction aussi les prets aux caisses on du augementer pour financer le logement et du cout les loyers direct aussi pour rembourser, cela donne le graphique ci dessous:


Car, regardons pour comprendre à quoi sert votre loyer : sur 100 euros des loyers, 30 servent à rembourser le capital des prêts à la construction de la Caisse des Dépôts et de la Caisse d'Epargne, 15 euros servent à payer les intérêts de cette dette, 11 euros sont mis de côté et utilisés pour les grosses réparations (car tout s'use et ne dure pas 40 ans). Enfin le reste,19% pour les salaires des offices et services et environ 15% à -10 (celon les impayés et les non locationsde) bénéfice ou perte pour l'apport personnel ou autofinancement des HLM des nouvelles constructions. Bien sûr, il faut mieux isoler et rénover. Environ 25% de ces nouveaux travaux sont payés par l'Etat. Les 75% restant le sont par des prêts et leurs intérêts se traduisent par des hausses de loyer,
Comment comprendre la diference entre emprun et interet . Pour 100 euro d'emprunts rembourser entre 40 et 60 ans c'est 100 divisés par 50 ans, cela fait 2% par ans, c'est les 30 % du loyer; mais 3,5% des interéts sur les cent du capital, cela fait 1.75% de moyenne entre le debut du pret et la fin..sur 100 cela donne les 15 % du loyer .
Les destructions causées par les bombardements, le nombre insuffisant deconstructions dans l’entre-deux guerres, l’essor démographique et industrieldéclenchent à partir de 1945 un immense besoin de logements sociaux. En 1948il y a en France seulement 170 000 habitations à bon marché (HBM) alors quede nombreuses familles vivent dans des taudis ou des bidonvilles.
Les luttes sont à 2 niveaux : pour la réquisition des logements vides etpour la construction de logements neufs. En 1945 le gouvernement a biensorti une ordonnance sur la réquisition des logements vacants. Dans lapratique cette ordonnance sera très peu utilisée et les luttes pour l’accèsau logement se développent alors. C’est dans ce contexte qu’apparaîtapparaît le mouvement squatter (1) qui procède à l’occupation illégale delogements vides. Issu du MPF (Mouvement populaire des familles), lui-mêmeproche de la JOC. (Jeunesse ouvrière chrétienne), le mouvement Squatter naîtà Marseille avant de gagner d’autres villes de province. En cinq ans,quelque 5 000 familles sont ainsi relogées.
Les années 1950-1960 seront aussi celles des Castors. Le dirigeant et un des fondateurs sont originaires de Limoges. C'est Mr Anselme er cruzat qui a organisé les Castors du Vigenal et qui finira sa vie dans un bureau de la Place de l'Opéra à financer la politique internationale. Ceci est une autre histoire, mais c'est un mouvement coopératif d’auto-construction qui tente de palier à l’insuffisance de logements : les Castors, comme leur nom l’indique,construisent - à plusieurs - leurs maisons. Ils prennent ainsi en charge le coût de la main-d'oeuvre d'une construction qui représente près de 43% du coût total.
En Février 1954, au cours d’un hiver particulièrement rigoureux, des gensmeurent de froid dans leur sommeil. L’Abbé Pierre lance son appel à une «insurrection de bonté » et le mouvement Emmaüs, association caritative qui s ’institutionnalisera par la suite jusqu’à gérer son propre parc immobilier grâce à des dons. A Limoges, mon père répondra avec mr barriére d'autres à cet appel et il créa la premier communauté avec des personnes de retour de Cayenne. Il occupera l'église abandonnée du Sacré Coeur pour loger 200 algériens venus participer à la construction des logements en France, jusqu'à la création de la SONACOTRA par Mr Vandermarcq.
La loi de 1948 réglemente le marché, permet la limitation du prix desloyers, les fixe en fonction de la surface corrigée et garantit au locataire(et même au départ de ses enfants) la sécurité du logement à vie.
En 1950 les HBM deviennent HLM et le gouvernement d’alors favorise lacréation d’offices publics municipaux et départementaux d’HLM. Pourconstruire rapidement, à moindre coût et en grande quantité (c’est seulementen 1977 que les chantiers ne pourront dépasser 500 logements à la fois), lesarchitectes des années 1950 et 1960 édifièrent les grands ensemblesmonotones, alignés selon le "chemin de grue". Il en résultera de grandsensembles dont les sociologues et urbanistes s’inquiètent déjà, mais quireprésentent par rapport aux conditions de logement de l’époque (la majoritédes Français se lavait alors avec une cuvette et un broc d’eau froide, avecun seul bain hebdomadaire d’eau chaude dans un tub ou un cuvier) uneaugmentation de confort bien accueillie. Si on doit contester l’architecturedes constructions, leur aspect entassement qui était loin d’être fatal, lemanque d’équipements collectifs et d’espaces verts attachés à cesconstructions, on doit aussi constater que cette politique menée sous lapression des luttes donna des résultats incontestables
c'est a limoges la construction de la bastide puis la ZUP de laurence entre 1966 et 1970 puis la ZAG de beaubreuil 1969 a1974 et anfin les portes-férres Dans cette période l'aide a la pierre monte jusqu'à 60% du coût, alors que maintenant elle sont de 15% a 30% d'ou certain loyer plus bas à l'époque des année 70.,
En 1952 la loi instaure l’aide à la pierre. C’est le dispositif qui permetpar l’intermédiaire de divers instruments financiers et législatifs demettre en place des financements très avantageux pour la construction parles offices : subventions du Trésor allant jusqu'à 60% du coût actuellementc'est plus que 13 a 15 %, prêts bonifiés à très faible taux d’intérêt surlongue durée ( 1 % sur 45 ans l'immeuble est fini de payer si construit en1970 en 2015,ou 2 % sur 65 ans)cas de ZUP et ZAG fini de payer en 2035. Deplus est instauré un système de primes à la construction : toutes lesconstructions nouvelles (HLM comprises) bénéficient d’une prime à laconstruction payable pendant 20 ans. On est donc devant des mécanismespermettant qu’à qualité égale les logements dédiés aux familles aux revenusmodestes ont un coût de construction moindre. Ce système garantissait desremboursement faibles et donc des loyers réellement modérés.
En 1953 c’est la création du 1 % logement. Dans les entreprises privées deplus de dix salariés on prélève 1% du salaire socialisé pour permettre l’accès au logement des salarié-e-s de l’entreprise. Dans les HLM mimemaintenant le 1% finance 5 a10% des constructions et a droit a 10% desappartements pour les ouvriers des patrons collecteurs,
Pour des millions de gens passer du taudis ou plus encore du bidonville auHLM était un véritable progrès. De plus comme le chômage était très faibleet les loyers bas le droit au maintien dans les lieux permettait aulocataire d’avoir la sécurité du logement. Ces HLM étaient publics, doncbien commun de la nation et sans caractère lucratif. Il ne s’agit pas ici d’idéaliser la vie dans les HLM dans les années 60 / 70 mais d’analyser quedans un contexte donné, en fonction d’un rapport de forces, un dispositifgouvernemental avait permis la construction en grand nombre de logements àloyers modérés (certains analystes parlent de 80% de la population quipouvait accéder aux HLM et donnent le chiffre de 3 millions de HLMconstruits pour la période 45 / 75 ). De plus le caractère public permettaità la fois un niveau de garantie identique pour les locataires et donnait àceux-ci un cadre de luttes commun pour améliorer l’existant.
Avec l’aide à la pierre, le 1% logement, dans une période où se mettait enplace la sécurité sociale on peut sans conteste parler d’acquis sociaux depremière importance. Évidemment ces conquêtes étaient intolérables pour lepouvoir et le patronat. Ils ne cessèrent de s’y attaquer. Dès 1962 les tauxd’intérêt augmentèrent et le 1% logement fut constamment remis en cause pourne représenter aujourd’hui plus que 0,42% du salaire socialisé. Mais le couple plus grave fut porté par la loi Barre- D’Ornano.
LE LOGEMENT SOCIAL DOIT RESTER
UN SERVICE PUBLIC !
La loi « Engagement National pour le Logement»de JL BORLOO, vient d'être voté au parlement et au sénat. Cette loi (soutenue par l’Union sociale pour l’habitat et la Fédération des Offices), impose la transformation de l’ensemble des Ophlm et des Opac en Établissements Publics à caractère industriel et commercial (EPIC).
Il s’agit pour nous d’une privatisation du logement social avec pour objectif à terme la disparition de la fonction publique territoriale au sein de ces organismes.
Cette réforme suscite de la part de nombreux acteurs du logement social de fortes inquiétudes, en ce qu’elle désengagerait l’État de la solidarité nationale dans ce domaine, et obligerait les collectivités territoriales à gérer les activités de service public avec des personnels de droit privé.
Partout en France, les initiateurs d’un mouvement de protestation contre la remise en cause du logement social public multiplient les initiatives. 10 000 signatures ont déjà été recueillies au niveau national par le collectif mis en place. Le SNU CLIAS a largement participé (5000 signatures recueillies par la FSU) à cette mobilisation : signatures de locataires, de personnalités et responsables politiques, d’acteurs des mouvements sociaux…
En janvier 2005, nous avons réuni à Limoges, pour un colloque national et sous la banderole FSU, de nombreux responsables politiques, qui ont dit publiquement leur attachement à un grand service public du logement en France. En juin, le Conseil Supérieur de la Fonction Publique Territoriale s’est prononcé à l’unanimité contre ce projet de Loi. Malgré cela, la Fédération continue à vouloir imposer le statut d’EPIC.
Lors de son discours de clôture du dernier congrès de la fédération, le Président a précisé que si les syndicats engageaient « des démarches pour que la Loi autorise les EPIC locaux à appliquer le statut de la fonction publique territoriale, la Fédération ne s’y opposerait pas ». Pour la FSU, comme pour l’ensemble des signataires de l’ « Appel pour la promotion d’un grand service public du logement », cela est inacceptable. Et nous mettrons toutes nos forces dans cette bataille pour qu’enfin un jour nous ayons une réponse claire et précise de la part de la Fédération ainsi que de tous ceux qui soutiennent ce projet :
En quoi le statut d’EPA est-il désormais inadapté et périmé ?
Comment le logement social pourrait il être le pilier de la solidarité nationale, puisque tel est le thème du Congrès de l’Union Sociale pour l’Habitat, alors même que les organismes chargés de le mettre en œuvre sont privatisés, que la maîtrise du foncier échappe à la puissance publique, que la loi ENL en libéralise tous les aspects (vente de logements, édulcoration de la loi SRU…)
La Loi « Engagement National pour le Logement» et ses dispositions concernant le statut unique doivent être revues, et les hostilités de la population et des élus à cette loi doivent être prises en compte, aussi bien par le gouvernement que par les responsables de la Fédération des Offices.
Les dernières déclarations de Nicolas Sarkozy concernant la mise en vente d'1%du parc HLM par an sont une véritable déclaration de mise à sac des fondements du logement social en terme d'égalité. C'est la fin d'une politique sociale qui a permis à des millions de français de bénéficier d'un logement décent.
Pour Sarkozy, le droit aux logements que pour ceux qui peuvent payer !
En tout premier lieu, il est à souligner que le droit au logement est indissociable de la promotion d’un socle de droits sociaux et économiquesvisant à garantir des conditions de vie dignes pour tous les citoyens.
Outre l’affirmation d’une réelle volonté politique, la résolution desdifficultés d’accès au logement implique la mise en œuvre d’un ensemblecoordonné de dispositions : Garant de la solidarité, l’Etat doit êtreactivement engagé dans ce processus.
Enfin, il convient de reconsidérer la logique de privatisation du foncier.
Le droit au logement a été affirmé à plusieurs reprises, cependant, il resteinappliqué et de fait très théorique.
Aussi, intégrer le droit au logement au bloc de constitutionnalité etpréciser l’autorité responsable de son application - en l’occurrence, l’Etat- permettrait de remédier à cette incohérence. Conjointement, il s’avèrenécessaire de prévoir l’instauration de voies de recours amiable etjuridictionnel facilement accessibles à tous les citoyens.
Une démarche similaire à l’échelon européen confirmera le caractèrefondamental et supérieur de cette prérogative.
Il est à rappeler que le droit au logement est étroitement lié au droit à laville, et en particulier à l’accès aux services de proximités permettant à l’ensemble des citoyens de s’épanouir et de vivre ensemble de manièreharmonieuse.
Afin de garantir l’effectivité du droit au logement, il est à prévoir desmesures diversifiées concernant tant le domaine public que privé.
Afin de contribuer au développement d’un parc de logements à loyer abordableintégré à la cité, la puissance publique doit se doter d’un service publicdu logement s’appuyant sur un pôle financier et un établissement publicfoncier.
- Le service public du logement-
Géré démocratiquement, avec un réel pouvoir donné aux locataires, le servicepublic du logement doit disposer des moyens nécessaires à la construction delogements sociaux à loyer modérés, à l’entretien et la réhabilitation duparc locatif social.
- Le pôle financier -
Alimenté par l’épargne populaire (en particulier le livret A), le 1%logement, et des budgets d’Etat, le pôle financier public permettra derépondre aux besoins tant en matière d’acquisition de foncier que deconstruction sociale.
- L’établissement public foncier-
A l’échelon national, un établissement public foncier sera chargé deconstituer une réserve foncière adaptée aux besoins de construction delogements et, ainsi, de lutter contre la spéculationfoncière.
En ce domaine plusieurs stratégies peuvent être envisagées. Cependant, lafixation par voie réglementaire d’un prix plafond du mètre carré paraît êtrela mesure la plus simple et la plus efficace. L’encadrement des loyersréduira de manière significative la spéculation.
Délivrée par la puissance publique en charge des questions de logement pourune période déterminée qui ne doit pas excéder dix ans, l’autorisation delouer sera accordée pour des logements privés répondant à des critères desécurité, de surface et de confort définis par voie réglementaire. Cettemesure contribuera à l’assainissement du parc locatif privé.
Instaurée par la loi SRU (2000), l’obligation relative aux 20% de logementssociaux dans les communes de plus de 3500 habitants n’est pas respectée. Parailleurs, cette disposition semble insuffisante au regard des besoinsactuels.
Renforcer les obligations des communes s’avère nécessaire : l’institution d’un seuil de 25% minimum de logements sociaux dans les communes de plus de3500 habitants et dans chaque opération immobilière de plus de 5 logementsparaît approprié.
Conjointement, l’instauration de l’inéligibilité des élus locaux refusant d’appliquer cette disposition constituerait une mesure incitative efficace.
Plus d’1,3 millions de demandes de logement social sont actuellement ensouffrance. Aussi, programmer la construction d’au moins 250 000 logementssociaux /an accessibles à tous durant trois ans permettrait de combler unegrande partie du déficit.
Ces mesures doivent intégrer plusieurs paramètres qualitatifs d’ordreenvironnemental, sanitaire, énergétique et d’accessibilité :
Environnement sans nuisances sonores, chimiques, industrielles ouradioactives (incinérateur, complexe pétrochimique, ligne à haute tension,antennes relais...qui représentent des facteurs de risques cancérigènes),
Construction et matériaux doivent prendre en compte la santé (lutte contre l’humidité et les matériaux allergènes ou toxiques).
La politique du logement doit prendre la mesure de la crise énergétique(épuisement des ressources, augmentation de la facture) et climatique (effetde serre/ réchauffement/ désordre) . Les normes Haute QualitéEnvironnementale s’imposent déjà dans plusieurs pays européens. Cela supposed’intégrer à la construction la régulation thermique, l’isolation, l’orientation, l’utilisation du renouvelable pour tendre vers l’autonomieénergétique.
L’accessibilité à toutes les personnes quels que soient l’âge et /ou lehandicap.
Enfin, il est à rappeler que la construction de logements ne peut-êtredissociée d’un projet global d’aménagement urbain intégrant des équipementsde proximité en suffisance (école, santé, services publics, équipementssociaux et médico-sociaux, locaux à usage collectif et associatif, etc).
Dans la perspective de limiter durablement le taux d’effort des ménages à unniveau raisonnable (moins de 20% des ressources), il s’avère nécessaire deprivilégier la revalorisation significative du dispositif d’aide à lapierre.
Par ailleurs, un fonds social devrait permettre de garantir le maintien dansle logement des ménages victimes d’aléas de la vie entraînant une baisse desrevenus (accidents, maladies, handicap, perte d’emploi, etc).
Le prix des logements, tant à la location qu’à la vente, n’a cessé d’augmenter ces dernières années. Les couches moyennes qui ne disposent pas d’un soutien familial ou d’un capital initial se trouvent progressivementexclues du marché et viennent s’ajouter aux demandeurs de logement.
La Comptabilité Nationalea séparé dans la richesse des ménages les terrainsà bâtir et les logements. La valeur des terrains tend à rattraper celle dubâti. Il s’est donc créé une bulle foncière dépassant 1500 milliards d’eurosqui incorpore une rente foncière illégitime dans le coût des transactions.Par ailleurs le développement de la bulle foncière diminue la part salarialedans le PNB.
En vue de réapproprier les terrains à bâtir par l’Etat, nous proposons dereprendre les mesures qui avaient été présentées par Alfred SAUVY dans unavis au Conseil Economique et Social en 1961 (J.O. 07/06/61) :
création d’un organisme public national dit Foncier Urbain qui dans unpérimètre à définir (comprenant en particulier les zones qualifiéesactuellement de ZAD) sera l’unique acheteur de la partie terrain. Le FoncierUrbain sera soumis à un Contrôle Citoyen
au décès du propriétaire d’un bien immobilier, le terrain revient au FoncierUrbain
les terrains acquis par le Foncier Urbain pourront faire l’objet d’un bailde location de longue durée, soit à des personnes soit à des organismes. Leprix de la location dépendra de l’usage prévu du terrain (usage privé ouusage social). Lors de la vente d’un bien immobilier entre particuliers, lebail de location du terrain est transféré à l’acheteur du bâti.
La première phase de la réforme se termine quand tous les propriétairesactuels ont vendu leurs biens ou sont décédés. A ce moment la propriété dusol est complètement dissociée de la propriété du bâti.
L’avis de A. SAUVY a été rejeté en 1961 par 71 voix contre 38 et 16abstentions. On peut penser qu’aujourd’hui, compte tenu de la situationcatastrophique que nous vivons, le « plan SAUVY » trouverait les 25 voix quilui ont manquées.
Paul Mandonnaud