Le pape Jean Paul II était très attaché à cette sainte. En effet, alors qu’il était ouvrier à l’usine Solvay qui se trouvait près de Lagiewniki, il allait prier régulièrement sur la tombe de cette religieuse. Depuis lors, il a porté en lui cette dévotion à la divine miséricorde parce qu’elle répond totalement aux situations du monde d’aujourd’hui qui a d’abord besoin d’amour et de pardon. En 1980, il dédie l’une de ses premières encycliques à ce thème la divine misericorde icilPuis en août 2002, lors de son neuvième voyage en Pologne, il consacre un nouveau sanctuaire à la Miséricorde divine près du couvent de Lagiewniki. Et dans son désir de " transmettre au monde ce feu de la miséricorde " le Pape a choisi de confier solennellement le monde à la Divine Miséricorde. Ainsi, pour Jean Paul II, " l’heure est venue où le message de la Divine Miséricorde doit répandre l’espérance dans les cœurs et devenir l’étincelle d’une nouvelle civilisation : la civilisation de l’amour ".

Soeur Faustine a eu toutes sortes de visions de Jésus enfant, ou durant sa passion, au ciel, etc. Elle avait également reçu des paroles de jésus. Jésus lui avait donné pour mission de mieux faire connaître son immense miséricorde au moyen de trois supports : un tableau le représentant avec deux rayons lumineux sortant de son cœur et l'inscription "Jésus, j'ai confiance en toi", une demande au pape afin que le dimanche suivant Pâques soit le dimanche de la miséricorde et, enfin, qu'elle écrive un livre, un "Petit journal"  dans lequel elle raconterait sa vie.

 

Consacrant sa vie à Jésus, elle doit vivre des épreuves terribles, tant physiques que morales ou spirituelles. Souvent malade, parfois même agonisante, elle est le souffre-douleur de ses sœurs incrédules. Elle connaît des moments de doute dans sa foi mais partage aussi physiquement et en toute discrétion la passion de Jésus dans son corps. Elle peut avoir, par contre, comme saint Paul, des moments de ravissement qui l'élèvent jusqu'au ciel.

 

Son "petit journal est tout lumineux de ses rapports avec Jésus qui, comme il le dit lui-même, permet à Sœur Faustine de consolider la foi de nombreux lecteurs.

Elle prie sans cesse pour les agonisants que des grâces lui font connaître et Jésus lui donne comme instrument de prière son propre chapelet, c'est à dire que, sur le grain du Notre Père , il nous fait dire : "Père saint, reçoit le corps, le sang, l'âme et la divinité de Jésus,ton fils, notre Siegneur, en réparation pour nos péchés et ceux du monde entier" puis, à la place des dix Ave ,  on dit "Par sa douloureuse passion, soit miséricordieux pour nous et pour le monde" et, à la place de " Gloire au .. .", on dit "Dieu saint, Dieu fort, Dieu éternel, prend pitié de nous et du monde entier." Depuis que je connais ce chapelet, je le récite après celui de Marie sur les mystère du rosaire. Je dois reconnaître que, récité en faveur de grands malades proches de la mort, il a une très grande efficacité pour les convertir et leur permettre de finir leur vie en compagnie de Dieu. J'ai vécu des cas semblables avec des parents pourtant fâchés avec l'Eglise qui se sont confessés et ont fini leur vie en paix et en chrétien.

 

Dans son monastère, Sœur Faustine  effectuait des tâches simples : cuisine, accueil, réception et emploi des jeunes filles du peuple accueillies au couvent. Elle était très obéissante,  aussi bien à ses supérieures qu'aux règles de son ordre. Jésus lui a fait comprendre très tôt qu'il se cachait derrière ses confesseurs et que leur obéir, c'était lui obéir à lui-même, et que il est toujours capable, par l'intermédiaire des confesseurs et autres directeurs de conscience, de nous faire faire sa volonté. Il lui a fait comprendre aussi qu'une action minime en obéissant est préférable pour lui que des œuvres douloureuses dues à notre propre volonté.

 

Il lui donne aussi l'ordre de créer une Congrégation de la Miséricorde. Tout cela fait beaucoup pour une petite religieuse pauvre et inculte venant de la campagne. Mais confiante et sans le moindre doute de la création de tout cela, elle recevra de Jésus des directeurs qui, pour elle, iront jusqu'à Rome. Elle verra de son vivant une partie des vœux de Jésus se réaliser. mais comme tous les saints à un moment tout a disparu,'( sa croix) puis tout est revenu.

 

Jean -Paul II c'est lui qui consacrera le dimanche après Pâques  comme dimanche de la miséricorde . C' est lui  encore qui  sanctifiera Sœur Faustine et qui viendra en  Pologne bénir une basilique  à sa gloire .  Dieu a permis que Jean Paul II  meure  le soir de cette fête qui lui tenait tant à coeur . Son ordre , très discret et très clos,  a été fondé et prie pour que les hommes découvrent mieux combien Dieu les aime.

 

En lisant son livre lumineux , nous découvrons qu ' elle composait des poème  destinés à Jésus . Elle a écrit aussi une neuvènne qu 'il  lui a dictée jésus  pour prier pour différentes sortes de personnes dans le monde . Elle a écrit  également deux litanies : une  à la miséricorde et une en hommage  à l'eucharistie , source de miséricorde.

 

Jésus explique combien il  attend des hommes qu'ils répondent  à son amour , qu'ils viennent  à la confession  pour changer et être en état de  le retrouver dans le  ciel qu ' il a préparé pour eux.  Mais s 'ils  résistent ou tardent trop , il se pourrait  qu'il soit  trop tard . Il dit bien cependant  qu ' aucun péché n'est trop gros ou  trop lourd . Il a souffert sur la croix pour tous les hommes et tous les péchés. Les croyants sincères qui l'aiment vraiment peuvent  l'aider dans cette tâche en acceptant les douleurs  et les tracas de la vie, car, "avec de l'amour,  la souffrance acceptée purifie le monde et  le sauve par lui.

 

" En lisant  ce petit  journal de 610 pages  ( le Père Jacques  Glangeaud  m'avait  conseillé d' en lire une page par jour voilà 1350 jours ), notre foi est réveillée et prend la dimension cosmique de cet immense amour de Dieu .

Je souhaite que vous trouviez le même bonheur que j'ai trouvé à le "déguster" page par page et que vous en viviez.

paul mandonnaud

HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II
POUR LA CANONISATION  DE LA BIENHEUREUSE MARIA FAUSTYNA KOWALSKA
(Dimanche 30 avril 2000 )

"Confitemini Domino quoniam bonus, quoniam in saeculum misericordia eius",
        "Rendez grâce au Seigneur, car il est bon, car éternel est son amour!" (Ps 118, 1). C'est ce que chante l'Église en l'Octave de Pâques, recueillant presque des lèvres du Christ ces paroles du Psaume ; des lèvres du Christ ressuscité, qui dans le Cénacle, apporte la grande annonce de la miséricorde divine et en confie le ministère aux apôtres :  "Paix à vous ! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie [...] Recevez l'Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus" (Jn 20, 21-23).  Avant de prononcer ces paroles, Jésus montre ses mains et son côté. C'est-à-dire qu'il montre les blessures de la Passion, en particulier la blessure du cœur, source d'où jaillit la grande vague de miséricorde qui se déverse sur l'humanité. De ce cœur, Sœur Faustyna Kowalska, la bienheureuse que dorénavant nous appellerons sainte, verra partir deux faisceaux de lumière qui illuminent le monde. "Les deux rayons, lui expliqua un jour Jésus lui-même, représentent le sang et l'eau" (Journal, Librairie éditrice vaticane, p. 132).

Sang et eau !
        La pensée s'envole vers le témoignage de l'évangéliste Jean, qui, lorsqu'un soldat sur le Calvaire frappa de sa lance le côté du Christ, en vit sortir "du sang et de l'eau" (cf. Jn 19, 34). Et si le sang évoque le sacrifice de la croix et le don eucharistique, l'eau, dans la symbolique de Jean, rappelle non seulement le Baptême, mais également le don de l'Esprit Saint (cf. Jn 3, 5; 4, 14; 7, 37-39).  À travers le cœur du Christ crucifié, la miséricorde divine atteint les hommes :  "Ma Fille, dis que je suis l'Amour et la Miséricorde en personne", demandera Jésus à Sœur Faustyna (Journal, 374). Cette miséricorde, le Christ la diffuse sur l'humanité à travers l'envoi de l'Esprit qui, dans la Trinité, est la Personne-Amour. Et la miséricorde n'est-elle pas le "second nom" de l'amour (cf. Dives in misericordia, n. 7), saisi dans son aspect le plus profond et le plus tendre, dans son aptitude à se charger de chaque besoin, en particulier dans son immense capacité de pardon ?  Aujourd'hui, ma joie est véritablement grande de proposer à toute l'Église, qui est presque un don de Dieu pour notre temps, la vie et le témoignage de Sœur Faustyna Kowalska. La Divine Providence a voulu que la vie de cette humble fille de la Pologne soit totalement liée à l'histoire du vingtième siècle, le siècle que nous venons de quitter. C'est, en effet, entre la Première et la Seconde Guerre mondiale que le Christ lui a confié son message de miséricorde. Ceux qui se souviennent, qui furent témoins et qui prirent part aux événements de ces années et des atroces souffrances qui en découlèrent pour des millions d'hommes, savent bien combien le message de la miséricorde était nécessaire.  Jésus dit à Sœur Faustyna :  "L'humanité n'aura de paix que lorsqu'elle s'adressera avec confiance à la Divine Miséricorde" (Journal, p. 132). À travers l'œuvre de la religieuse polonaise, ce message s'est lié à jamais au vingtième siècle, dernier du second millénaire et pont vers le troisième millénaire. Il ne s'agit pas d'un message nouveau, mais on peut le considérer comme un don d'illumination particulière, qui nous aide à revivre plus intensément l'Évangile de Pâques, pour l'offrir comme un rayon de lumière aux hommes et aux femmes de notre temps.

Que nous apporteront les années qui s'ouvrent à nous ?
        Quel sera l'avenir de l'homme sur la terre ? Nous ne pouvons pas le savoir. Il est toutefois certain qu'à côté de nouveaux progrès ne manqueront pas, malheureusement, les expériences douloureuses. Mais la lumière de la miséricorde divine, que le Seigneur a presque voulu remettre au monde à travers le charisme de Sœur Faustyna, illuminera le chemin des hommes du troisième millénaire.  Comme les Apôtres autrefois, il est toutefois nécessaire que l'humanité d'aujourd'hui accueille elle aussi dans le cénacle de l'histoire le Christ ressuscité, qui montre les blessures de sa crucifixion et répète :  Paix à vous ! Il faut que l'humanité se laisse atteindre et imprégner par l'Esprit que le Christ ressuscité lui donne. C'est l'Esprit qui guérit les blessures du cœur, abat les barrières qui nous éloignent de Dieu et qui nous divisent entre nous, restitue la joie de l'amour du Père et celle de l'unité fraternelle.

Il est alors important que nous recevions entièrement le message qui provient de la Parole de Dieu en ce deuxième Dimanche de Pâques, qui dorénavant, dans toute l'Eglise, prendra le nom de "Dimanche de la Miséricorde divine".
        Dans les diverses lectures, la liturgie semble désigner le chemin de la miséricorde qui, tandis qu'elle reconstruit le rapport de chacun avec Dieu, suscite également parmi les hommes de nouveaux rapports de solidarité fraternelle. Le Christ nous a enseigné que "l'homme non seulement reçoit et expérimente la miséricorde de Dieu, mais aussi qu'il est appelé à "faire miséricorde" aux autres :  "Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde" (Mt 5, 7)" (Dives in misericordia, n. 14). Il nous a ensuite indiqué les multiples voies de la miséricorde, qui ne pardonne pas seulement les péchés, mais répond également à toutes les nécessités de l'homme. Jésus s'incline sur toute forme de pauvreté humaine, matérielle et spirituelle.  Son message de miséricorde continue de nous atteindre à travers le geste de ses mains tendues vers l'homme qui souffre. C'est ainsi que l'a vu et l'a annoncé aux hommes de tous les continents Sœur Faustyna, qui, cachée dans son couvent de Łagiewniki, à Cracovie, a fait de son existence un chant à la miséricorde :  Misericordias Domini in aeternum cantabo.

La canonisation de Soeur Faustyna revêt une éloquence particulière : 
        à travers cet acte, j'entends transmettre aujourd'hui ce message au nouveau millénaire. Je le transmets à tous les hommes afin qu'ils apprennent à connaître toujours mieux le véritable visage de Dieu et le véritable visage de leurs frères.  L'amour de Dieu et l'amour des frères sont en effet indissociables, comme nous l'a rappelé la première Épître de Jean :  "Nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu à ce que nous aimons Dieu et que nous pratiquons ses commandements" (5, 2). L'Apôtre nous rappelle ici à la vérité de l'amour, nous montrant dans l'observance des commandements la mesure et le critère.  Il n'est pas facile, en effet, d'aimer d'un amour profond, fait de don authentique de soi. Cet amour ne s'apprend qu'à l'école de Dieu, à la chaleur de sa charité. En fixant le regard sur Lui, en nous syntonisant sur son cœur de Père, nous devenons capables de regarder nos frères avec des yeux nouveaux, dans une attitude de gratuité et de partage, de générosité et de pardon. Tout cela est la miséricorde !  Dans la mesure où l'humanité saura apprendre le secret de ce regard miséricordieux, la description idéale de la première lecture se révèle être une perspective réalisable :  "La multitude des croyants n'avait qu'un cœur et qu'une âme. Nul ne disait sien ce qui lui appartenait, mais entre eux tout était commun" (Ac 4, 32). Ici, la miséricorde du cœur est devenue également un style de rapports, un projet de communauté, un partage de biens. Ici ont fleuri les "œuvres de miséricorde" spirituelles et corporelles. Ici, la miséricorde est devenue une façon concrète d'être le "prochain" des frères les plus indigents.

Sœur Faustyna Kowalska a écrit dans son journal : 
        "J'éprouve une douleur atroce, lorsque j'observe les souffrances du prochain. Toutes les souffrances du prochain se répercutent dans mon cœur ; je porte dans mon cœur leurs angoisses, de sorte qu'elles m'anéantissent également physiquement. Je voudrais que toutes les douleurs retombent sur moi, pour soulager mon prochain" (Journal, p. 365). Voilà à quel point de partage conduit l'amour lorsqu'il se mesure à l'amour de Dieu !  C'est de cet amour que l'humanité d'aujourd'hui doit s'inspirer pour affronter la crise de sens, les défis des besoins les plus divers, en particulier l'exigence de sauvegarder la dignité de chaque personne humaine. Le message de la divine miséricorde est ainsi, de façon implicite, également un message sur la valeur de chaque homme. Chaque personne est précieuse aux yeux de Dieu, le Christ a donné sa vie pour  chacun,  le  Père  fait  don  à tous de son Esprit et offre l'accès à son intimité.

Ce message réconfortant s'adresse
        en particulier à celui qui, touché par une épreuve particulièrement dure ou écrasé par le poids des péchés commis, a perdu toute confiance dans la vie et est tenté de céder au désespoir. C'est à lui que se présente le visage doux du Christ,  c'est  sur  lui  qu'arrivent  ces rayons qui partent de son cœur et qui illuminent, réchauffent, indiquent le chemin et diffusent l'espérance. Combien d'âmes a déjà réconforté l'invocation :  "Jésus, j'ai confiance en Toi", que la Providence a suggérée à Sœur Faustyna ! Cet acte simple d'abandon à Jésus dissipe les nuages les plus épais et fait pénétrer un rayon de lumière dans la vie de chacun.

Misericordia Domini in aeternum cantabo (Ps 88 [89], 2).
        À la voix de la Très sainte Vierge Marie, la "Mère de la miséricorde", à la voix de cette nouvelle sainte, qui dans la Jérusalem céleste chante la miséricorde avec tous les amis de Dieu, nous unissons nous aussi, Église en pèlerinage, notre voix.  Et toi, Faustyna, don de Dieu à notre temps, don de la terre de Pologne à toute l'Eglise, obtiens-nous de percevoir la profondeur de la miséricorde divine, aide-nous à en faire l'expérience vivante et à en témoigner à nos frères. Que ton message de lumière et d'espérance se diffuse dans le monde entier, pousse les pécheurs à la conversion, dissipe les rivalités et les haines, incite les hommes et les nations à la pratique de la fraternité. Aujourd'hui, en tournant le regard avec toi vers le visage du Christ ressuscité, nous faisons nôtre ta prière d'abandon confiant et nous disons avec une ferme espérance :  Jésus, j'ai confiance en Toi !



Sources Vives n° 91 ; www.vatican.va - Copyright © Libreria Editrice Vaticana