l'Abbé Jacques GLANGEAUD. Né le 27 avril 1923 à Limoges, il a été. ordonné le 29 juin 1949. Nommé vicaire à Pontarion, il devient curé de Sardent en 1953 et aumônier-adjoint de l'Action Catholique Rurale le 14 septembre 1960. En 1967, il est chargé de la ZUP de l'Aurence à Limoges, puis en 1972 curé de Rilhac-Rancon et aumônier de la maison d'arrêt. En 1973, il devient' responsable du Centre Notre-Dame et en 1987 curé de Vicq-sur-Breuilh. En 1998, il vient aux Saints Anges comme auxiliaire. En octobre 2002, il se~ retire au Grand Séminaire où il est décédé le 17 février 2004. Il était Chevalier de l'Ordre National du Mérite.
Jacques Glangeaud a connu mon père avant son mariage, lorsqu'il était responsable de district scout. Quand il est revenu à Limoges, après ses services de guerre, de père blanc et de seminaire, mon père s'est marié et je suis né en 1942. Mes parents ont eu 7 enfants entre 1942 et 1950.
Très jeune, Jacques venait à la maison et déjà il prenait la défense de ma mère quand je voulais que nous nous préparions plus vite afin d'arriver à l'heure à la messe. Il voyait sa préoccupation pour le repas qui devait suivre, l'aspect de chacun de ses enfants et son souci du détail en vue du service religieux. La messe célèbre et couronne la vie humaine quand elle a été vécue avec ces exigences et le service dans le détail des besoins humains.
Dans cet esprit, il préférait commencer la messe avec quelque retard, pourvu qu'il y ait eu préalablement un contact chaleureux entre les fidèles. Durant la messe, il tenait à ce que les petits enfants viennent librement près de l'autel; ils avaient une priorité. Il fut l'un des premiers à nous demander de nous donner la main lors de la récitation du Notre Père au Centre Notre-Dame.
J'ai eu Jacques comme aumônier à l'Ecole Montessori de 18 mois à 13 ans. Dès 1950, il célébrait la messe en français, face aux fidèles, 24 ans avant le concile Vatican II, afin que nous vivions en intelligence cette amitié et cette communion avec Jésus dans l'Eucharistie. Il m'a très tôt mis en contact et en confiance avec Jésus qu'il m'a fait aimer comme un ami proche, me faisant vivre une vie mystique sans le savoir, comme l'essentiel de ma vie de chrétien.
Il m'a préparé à ma première communion du 24 juin 1948, j'avais alors 6 ans, chez les religieuses de Nazareth, Rue Pierre Brossolette. Il m'a ouvert à la foi et à l'amour de Jésus présent dans l'hostie. Il m'a préparé ensuite à la confirmation que j'ai reçue en l'église Ste Thérèse de l'Enfant Jésus le 9 juin 1952 avec le Père Rousselot, curé, et Monseigneur Rastouil.
Très jeune, puis adolescent avec d'autres jeunes de l'Ecole Montessori, nous allions à Sardent entre 1949 et 1953 pour la Semaine Sainte où il nous apprenait à jouer la passion dans les églises... et jusque dans les cafés ! La nuit du Jeudi Saint, nous nous levions pour prierJésus devant le reposoir pendant une heure. Nous disposions d'un plan de Rome sur lequel nous pouvions suivre chaque jour l'itinéraire des célébrations du pape. .
Cela ne nous empêchait pas de faire des ballades dans cette belle campagne, des parties de football ou de balle aux chasseurs. Il tenait à ce que nous participions à la préparation des repas et à ce que nous allions dans les fermes, au contact des paysans, pour acheter notre nourriture. Bien que curé de Sardent, il aidait aux travaux des champs, et je me suis rendu compte qu'il en était moqué et calomnié par des personnes hostiles à la religion. Il recevait le soutien du Père de Montaigut, curé et doyen de Pontarion, à qui nous rendions visite à pied. Nous venions aussi restaurer ses églises où il remettait en valeur les autels (en granit de la région) que nous tournions vers l'assistance. C'est à cette époque qu'il rencontra le jeune réalisteur Claude Chabrol, dont une séquence du film "Le Beau Serge" fut tournée dans son église.
De retour à l'école, il tenait à nous faire jouer, habillés en santons, la vie de Jésus sur une immense maquette de Jérusalem et de ses environs, pour nous mettre en contact avec l'Evangile. Cet Evangile et les textes de la messe étaient écrits à la main par les meilleurs d'entre nous, et les paroles de Jésus l'étaient en écriture script. Il nous conduisait à la cathédrale vivre la liturgie avec l'évêque, faisant ainsi le lien entre la vie de Jésus et la liturgie de l'Eglise.
Le samedi, avant de nous parler de catéchisme, il nous envoyait visiter des personnes âgées et nécessiteuses pour leur apporter de la nourriture que nous avions gagnée à la maison par notre travail. Il réalisait pour nous enseigner cette parole évangélique : "Celui qui fait la vérité vient à la lumière".
Après son séjour à Sardent, il s'est installé à la Maison Diocésaine de Guéret où il m'a acceuilli, venant de Paris, pour ma convalescence. Il a su réconforter ma famille et m'aider à guérir. A cette époque, je le suivais durant ses messes; même si nous n'étions que trois, il soignait ses homélies et sa liturgie. Fidèle à son bréviaire jusqu'au bout, et il était fier d'être une sorte de "Curé d'Ars" avec humour puisqu'il avait dans ses chapelles Ars en Creuse.
Obéissant à son évêque, il revint à Limoges où, de paroisse en paroisse, il accumula les fidèles dont certains le suivirent. Il favorisa, par des réunions de son initiative, le dialogue entre catholiques et protestants, puis pour l'action commune d'aide aux personnes en difficulté. Jacques Glangeaud voulait créer à la ZUP un lieu inter-religieux (avec accueil du culte musulman dans l'Eglise). De même, il avait des rencontres avec les francs-maçons. Son action politique était connue et concrète avec le Parti Socialiste et il était à l'initiative de la création d'associations en faveur des plus pauvres. Il était présent dans des instances institutionnelles, administrateur dans des associations telles que l'ARSL ou le GATREM. Bien qu'il en souffrait, il a reclassé de nombreux prêtres ayant quitté le ministère et mariés en leur trouvant un travail social et à qui il gardait une amitié sans jugement.
Il avait à coeur que les jeunes soient accueillis et disposent d'un espace d'expression et de vie dans ses presbytères, au détriment de sa tranquilité. Cette fidélité à tout crin aboutit parfois à des conversions 20 ans après les premiers contacts. Comme aumônier de la prison, Jacques Glangeaud les suivait quand il se rendait compte que certains tournaient mal. Il les accueillait à leur sortie à Rilhac-Rancon pour assurer leur réinsertion ou au Centre Notre-Dame où il mettait 3 chambres à leur disposition, alors que lui-même couchait dans son bureau .
Quand avec le Père Jubert et Jacqueline, ma femme, nous avons créé ATD Quart Monde à Limoges en octobre 1985, il a assisté à la première réunion constitutive pour être le premier adhérent et le premier soutien. Il faisait de même pour toute association de ce genre : la Bonne Assiette, et autres.
Quand il m'a préparé au mariage, il m'a fait comprendre l'écoute et le respect que je devais à Jacqueline. Souvent nous faisions le point pour supprimer des engagements, même d'église, si c'était au détriment de notre relation de couple, puis de père de famille. Jamais je ne l'ai vu demander à un couple une aide pour l'Eglise si cela devait perturber l'équilibre conjugal. Combien de fois il m'a fait couper court à des engagements quand il sentait que mon coeur risquait d'être infidèle (même par amitié) à ma femme !
En 1967, lorsqu'il s'installa comme curé à la ZUP en construction, son appartement fut la premier lieu d'accueil et de vie des jeunes au détriment de sa tranquillitée. Et quand ces jeunes, par leurs bétises, furent incarcérés, il fit tout pour devenir l'aumonier de la prison et pour les suivre. Il allait rencontrer tous les nouveaux arrivants et me disait chercher en chacun d'eux le goût du bien pour le développer. J'ai assisté à ses messes de Noël qu'il célébrait dans l'enceinte de la prison avec l'évêque de Limoges.
J'ai aménagé avec lui une chapelle dans la cave, puis nous avons participé à la construction de l'église St Loup et à celle de St François. J'ai fait de la cathéchèse avec lui au Centre Notre-Dame, mes enfants y ont été baptisés et y ont communié pour la première fois avec de belles fêtes avec lui dans ses locaux.
Dans le mariage, Jacques demandait à celui le plus en avance de se mettre au pas de l'autre et il était très attentif à l'unité d'expression sexuelle et à l'écoute. Il m'a fait comprendre que le moindre acte d'obéissence réjouissait davantage Jésus que le prosélytisme, qu'il fallait porter sa croix par le travail... Il m'a appris à fuir la gloire et l'ambition, et à rester toujours à l'écoute des pauvres.
De 1968 jusqu'à sa mort, chaque mois, je me confessé à lui. Au plan spirituel, il était un remarquable confesseur et directeur de conscience, ayant lu St Jean de la Croix, Ste Thérèse d'Avila, le Père Marie Eugène et son "Je veux voir Dieu". Son amour de l'Eglise, du pape, son obéissance à son évêque me l'ont fait choisir comme directeur spirituel.
Il était très lucide et très informé. Il voulait que nous soyions "souples comme un danseur", jamais attachés à une grâce ou à une illumination. Il revenait à la méditation des souffrances de la passion de Jésus nous disant que la plus grande union avec Dieu est dans la nuit de la foi. Dieu est esprit et amour et c'est en esprit et en amour que nous sommes en communion avec lui. Le reste est sensiblerie, source d'erreurs, d'autosuggestion ou du démon. A la fin de sa vie, l'évêque l'avait nommé exorciste.
Sa préférence allait à la spiritualité de Ste Thérèse de l'Enfant Jésus, à l'abandon et la confiance à la manière d'un enfant. Pour lui, la priorité « au devoir d'état, » à porter sa croix, à vivre les paroles de l'évangile chaque jour dans tous les instants de la vie était le plus important. Si une seule parole était à vivre, c'est : " J'avais faim et vous m'avez donné à manger, j'étais nu... Tout ce que vous avez fait au moindre de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait." Jacques l'a mise en pratique toute sa vie.
Il a toujours été respectueux de "la mèche qui fume". Pour les demandes de sacrements, il ne les refusait jamais sous prétexte d'un manque de foi ou de pratique religieuse, car il avait un grand respect de l'action de l'Esprit Saint chez les petits et les pauvres comme il avait aussi confiance dans l'évolution ou le chemin de la grâce chez les riches. Il suivait son maître en miséricorde. C'est cette confiance en l'action de Dieu agissante qui faisait qu'il aimait tant le baptême des petits enfants, la communion précoce chez les couples pratiquants et des enfants dès qu'ils reconnaissaient avec discernement Jésus dans l'Eucharistie.
Jacques a toujours eu un grand souci des bâtiments des églises de Sardent, Sous-Parsat et Ars qu'il restaurait en respectant le granit et l'art de l'époque en revenant aux matériaux de base. De St Loup et St François qu'il a créées en art moderne (autel en aluminium, photos en décoration) jusqu'à Vicq sur Breuilh et la revalorisation de la crèche et de l'église. Il pensait à la demeure vivante où Jésus au tabernacle était honoré et qu'il priait. D'ailleurs, dans les derniers moments où il perdait ses repères, Jacques me demandait si j'avais ouvert l'église.
Dans la dernière année, il voyait arriver sa croix par la détérioration de sa santé et il la redoutait tout en, à chaque étape, offrant au Seigneur les renoncements qui lui étaient imposés avec un acte d'amour pour l'Eglise qui m'a souvent impressionné. En juillet, il a voulu donner sa vie pour cette Eglise de Limoges dans les mains de son évêque. Six mois de souffrances terribles qu'il a assumées avec un courage, un sourire et une gentillesse avec le personnel soignant qui en a été étonné et stupéfait. Dans ses rêves, dans la souffrance ou le délire de la fin, c'est l'écoute des jeunes qui le tourmentait; il se voyait aller avec eux, chez eux, les écouter et les comprendre. Lorsqu'on lui rendait visite, on le sentait heureux, surtout quand ses amis de la prison étaient là, autour de lui. Je crois qu'il était impensable pour lui de se présenter devant Dieu sans eux. Je pense qu'il a refusé la mort pour participer à la passion de son Maître pour eux, afin de compenser ce qui pouvait manquer pour que tous soient au ciel avec lui.
Pour conclure, je dois dire également la place unique que la Vierge Marie a eue dans sa vie. Jeune prêtre, il me disait que, face aux tentations ou aux insomnies, il récitait le chapelet pour se remettre dans ses bras, confiant comme un enfant. Il le récitait aussi chaque soir, en plus de son bréviaire, dans un coin de sa chambre du presbytère, devant les photos de tous ceux qui s'en étaient remis à lui.
Merci, Jacques, d'avoir été tellement rempli de l'amour du Père et d'en avoir assuré le rayonnement.
Paul Mandonnaud
105 rue Eugéne Varlin
87000 LIMOGES
Tél : 05 55 31 25 06
Mme Andrée Mandonnaud
tel;05 55 32 05 20
(Après les textes de la messe d'enterrement, quelques souvenirs personnels)
poéme écrit par Pascale Plouvier sur Jacques:
Ce gentilhomme plein d'entrain
N'a pas fini ses va et vient,
Rien ne l'arrete dans sa mission
Ce petit prétre "vagabond"
1 Il est toujours de ci de là
Bien que parfois cahin-caha,
A l'écoute de tous ces gens
Mém'ceu qui marchent en reculant.
2 Cette espèrance qui l'habite
Il voudrait la vivre en "ermite",
Jusqu'a ce jour c'est aux petits
Qu'il a offert ce don bèni.
3 Dans son coeur, il n'oublie jamais,
Tous ceux qu'il a un jour croisè,
Et malgré son petit"bèret"
Son amour est immensitè
Enfin, merci mon tendre Jacques
De vivre chaque jour cette Paques
Dieu t'en a fait un messager
Tu as toujours su la partager.
Texte de Jean Paul Suchaud parru sur le site internet de l'Eglise de LIMOGES
Le Père J. Glangeaud vient de rejoindre la maison du Père. Il aura été un formidable témoin de sa tendresse !
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Souvenons-nous de l'Abbé Jacques GLANGEAUD. Né le 27 avril 1923 à Limoges, il a été. ordonné le 29 juin 1949. Nommé vicaire à Pontarion, il devient curé de Sardent en 1953 et aumônier-adjoint de l'Action Catholique Rurale le 14 septembre 1960. En 1967, il est chargé de la ZUP de l'Aurence à Limoges, puis en 1972 curé de Rilhac-Rancon et aumônier de la maison d'arrêt. En 1973, il devient' responsable du Centre Notre-Dame et en 1987 curé de Vicq-sur-Breuilh. En 1998, il vient aux Saints Anges comme auxiliaire. En octobre 2002, il se~ retire au Grand Séminaire où il est décédé le 17 février. Il était Chevalier de l'Ordre National du Mérite.
Que le Seigneur donne à son bon serviteur Jacques le Bonheur Eternel..
MESSE D'ENTERREMENT
Mot d' accueil du père Jean MONTEIL
En tant que vieil ami de notre Jacques, j' ai été invité à vous dire quelques mots à sa mémoire. Nous avons fait ensemble notre première communion à Saint germain les Belles. J' assistais à sa promesse scoute ou il déclarait" Je veux t' aimer sans cesse, de plus en plus. Protège ma promesse, Seigneur Jésus."
Cet engagement s' est maintenu et approfondi tout au long d' une vie de service et d' amour. Ordonné le 29 juin 1949, Jacques est nommé vicaire à Pontarion puis curé de Sardent et aumônier adjoint de l' Action Catholique Rurale en 1960. En 1967, il est chargé de la ZUP de l'Aurence puis en 1972 curé de Rilhac Rancon et aumônier de la maison d'arret. En 1973, il devient responsable du Centre Notre Dame puis de Vicq-sur-Breuilh en 1987. En 1998, il vient aux Saints Anges comme auxiliaire.
Comme Jésus, il a annoncé l'Evangile. Il est passé en faisant le bien. Comme Jésus il a connu la souffrance et la croix.
Que son Seigneur lui accorde enfin le lieu du repos, de la lumière et de la paix.
S' il est vrai qu'etre prêtre, c' est être présent à Dieu et aux hommes, Jacques a rempli de toute son âme ce programme.
Présent à Dieu, il l' était par la foi et la prière- il avait reçu de sa mère une piété profonde-et il vivait la parole de jésus"Ce que vous faites aux plus petits de vos frères, c' est à moi que vous le faites."
Il était ainsi présent aux hommes, à tous les hommes et rien de ce qui est humain ne lui était étranger. Ce sens de l' homme lui venait de son père.
Chacun d' entre nous sait ce qu 'il lui doit. Il était en somme le frère universel et sa chaleur naturelle le poussait à venir en aide à toute détresse.
Il aimait tendrement sa famille et aussi les enfants et petit enfants d' adoption qu 'il avait recueillis, soutenus, conduits dans la vie, L' aide aux prisonniers fut une de ses passions. Il a servi et aimé tous ces paroissiens qui le lui ont bien rendu. Que de visite au cours de sa maladie. D' autres parleront mieux que moi de son action sociale.Il mettait au service des pauvres et des petits, ses relations vastes et variées qui englobaient tous les milieux.
Oserai-je dire que c' était notre abbé Pierre. Nous allons ensemble prier pour lui et aussi nous rendrons grâce au Seigneur de nous avoir donné un prêtre au coeur vaste et généreux, lui demandant aussi de nous donner des ministres qui lui ressemblent.
Mon petit Jacques, ce n' est qu 'un au revoir..
Jacques Glangeaud en Creuse.
J' ai lancé la nouvelle aux quatre vents de la Creuse :"Jacques Glangeaud est mort"
De tous cotés, aussitôt, l' écho m'a répondu:
"C' est donc vrai! On ne pouvait pas imaginer que ça arriverait"
"C' était un homme formidable.. un type très bien...trés proche des gens ..ouvertà tout le monde, petits ou grands, de toutes les tendances.."
"Il avait une capacité d' amitié très profonde; un coeur gros comme le monde..."
A Sardent on m'a dit.
"Il faisait partie de la vie de Sardent, parfaitement intégré; il était reçu partout, pratiquants ou non; sa moto l' amenait partout depuis le presbytère qu 'il avait fait construire et qui était ouvert à tous.
"Une année, il est parti en Algérie, rencontrer sur place tous les jeunes sarentais mobilisés."
"Il avait réussi à faire revivre la vie religieuse de Sardent;il avait suscité la tolérance."
Il fut, je peux en témoigner personnellement, un des principaux acteurs du grand effort de retrouvailles, engagé vers 1950, entre l'Eglise et les Creusois.
Un autre écho m'a dit.
"Il aimait la Creuse et ses grands hommes; il respectait Martin Nadaud; il avait récupéré lettres et dossiers pour que l' Histoire en garde la mémoire."
En digne fils de son père,il aimait le vie politique; Il avait le bras long; il cultivait des relations dans tous les milieux et il les mettait au service de tous ceux qui avaient un problème et s' adressaientà lui.
C' était un homme lucide et courageux, capable de dire aux petits et aux grands ce qui lui semblait mauvais et de suggérer la bonne route.
Plusieurs autres m' ont dit:
"Il avait le sens des besoins des jeunes; à Sardent et plus largement à Guéret quand il fut pendant 6 années chargé de la Jeunesse Agricole Chrétienne. Il a fait beaucoup pour eux."
Chargé aussi de l'aumonerie du Mouvement familial rural, il écoutait, animait, rudoyait parfois, stimulait paternellement.
Un de ceux qui l' ont bien connu, maintenant grand-pére, m'a confié;"c'est lui qui m'a fait ce que je suis; il m'a aidé à me construire."
Je garde pour ma part le souvenir d' une longue amitié, spécialement pendant les 3 années que nous avons passées ensemble à Guéret, à la Maison Saint Pardoux, née elle aussi de ses plans; je me rappelle spécialement les mois ou y avait recu agés,pour les accompagner avec délicatesse, à la fin de leur vie.
Jacques, à Dieu!
Homélie de Mgr Christophe Dufour
Funérailles du Père Jacques GL4NGEAUD
Cathédrale de Limoges
le vendredi 20 février 2004
Quel est donc ce mystérieux Royaume dont parle l'Evangile, ce Royaume caché, préparé pour nous depuis la fondation du monde ? Nous le savons, nous, qui avons connu le père Jacques GLANGEAUD. Il l'a tellement cherché, ce Royaume, qu'il en montre le chemin. Il l'a tellement aimé qu'il en est devenu comme une étincelle de lumière. Il l'a tellement prié que nous en reconnaissons la trace dans sa vie. « Père, que ton Règne vienne! ».
Quel est donc ce mystérieux Royaume ? Ce Royaume est de Dieu, ce Royaume est Dieu, ce Royaume est l'Eternel Amour tout entier en l'homme depuis qu'il nous a été donné par Jésus Christ, fils de Dieu. L'apôtre Jean en témoigne : « Nous avons connu l'Amour celui-là a donné sa vie pour nous ». Telle était la foi de Jacques Glangeaud, notre frère. Il aimait le Christ, il avait tout quitté pour le suivre.
Le père Jacques Glangeaud aurait pu choisir un engagement politique. Des témoins m'ont révélé qu'il y avait songé, qu'il avait même été sollicité. Il avait une vive conscience de la grandeur de l'engagement politique dont Paul VI disait qu'elle était « la plus haute forme de la charité » parce qu'elle est renoncement à son bien propre pour le service du bien commun. Pour servir ce bien, Jacques Glangeaud a fait un autre choix, celui d'être prêtre.
Il rêvait aussi d'être missionnaire dans les pays lointains. Il avait fait un stage chez les Pères Blancs, en Tunisie. Et puis la guerre a éclaté, le service l'a conduit sur le front. Finalement, il fut missionnaire en Limousin, prophète en son pays, où d'autres fronts l'attendaient, d'autres guerres aussi, contre la pauvreté et la misère, matérielle et spirituelle. Ce qui caractérise sa vie, c'est une foi engagée. Vous en témoignez, vous qui avez trouvé auprès de lui un guide, un père, un frère, un ami, un soutien, un réconfort, un compagnon de combat.
D'autres témoigneront de cet engagement. Permettez que je témoigne de trois convictions qui m'apparaissent avec clarté dans sa vie engagée.
1. — Ce qui unit les hommes, c'est l'homme. Voilà pourquoi Jacques Glangeaud était sans frontières. Il ne faisait pas de différence entre croyant et non croyant, entre blanc ou noir, entre riche et pauvre. Ce qui unit les hommes, c'est tout ce qui est humain. Ne le divisons pas.
2. — Mais l'homme devient un loup pour l'homme s'il se mesure à lui-même. Voilà pourquoi Jacques Glangeaud accueillait, de l'au-delà de l'homme, la lumière du Christ qui éclaire l'homme de l'intérieur et lui donne toute sa grandeur, sa mesure transcendante.
3. — Je voudrais témoigner enfin d'une troisième conviction que j'ai pu pressentir en lui les derniers mois de sa vie, tandis qu'il souffrait sur son lit d'hôpital, portait sa croix et vivait une longue et douloureuse passion. Il demandait pardon. Il me révélait ainsi sa vive conscience de cette grande misère de l'homme, son imperfection, ses limites, son péché. Malgré toute sa grandeur, l'homme est blessé et il a besoin d'être guéri. Je pensais à Saint Dominique qui pleurait des nuits entières sur ce péché. Je pensais à Sainte Thérèse de Lisieux qui allait s'asseoir à la table des pécheurs. Comme ces grands saints, Jacques Glangeaud puisait dans le coeur de Dieu cette tendresse dont il débordait pour nous.
Voici maintenant l'heure du jugement ultime. Dans la page que nous avons lue de l'évangile de Mathieu, Jésus nous révèle ce que sera ce jugement de notre vie. Nous serons jugés sur l'amour de l'affamé et de l'assoiffé, de l'étranger et du prisonnier, de l'humilié, du malade et du mal vêtu. Père Glangeaud, votre coeur vous disait que vous n'aviez pas assez aimé. Mais Dieu est plus grand que votre coeur, il sait que vous avez aimé. Et s'il a besoin de témoins, nous sommes là. Nous le savons, nous, que vous êtes passé de la mort à la vie parce que vous avez aimé vos frères. La Résurrection n'est rien d'autre que la puissance de l'amour plus forte que la mort. Frère Jacques Glangeaud, priez pour nous. Priez Dieu de nous donner la grâce d'aimer, d'aimer comme vous, d'aimer comme le Christ Jésus.
Prière universelle
Par sa famille :
Jacques,
Tu nous as toujours enveloppés de ta tendresse, tu nous as guidés avec beaucoup d'amour. Ta foi rayonnait dans les événements heureux et douloureux de notre famille. Pour tout cela merci et continue de nous accompagner.
Par le Père Morin, pour les prêtres :
Je voudrais rendre grâce pour le témoignage de Jacques au nom des prêtres et du service des vocations. Jacques a été un témoin, témoin de la vie fraternelle particulièrement ces dernières années avec Jean-Marie Mallet-Guy aux Saints Anges. Avec sa façon d'appeler les plus jeunes dans le ministère presbytéral "petit frère" et avec une tape amicale sur l'épaule. Le béret, le regard vif, le sourire aimant. Jacques, tu es un témoin pour tout le corps presbytéral et diaconal de ce qu'est une vie réussie au service de l'évangile et de tes frères les plus pauvres, les plus petits, les détenus, les familles en difficulté. Tu es l'apôtre de l'Amour dans notre diocèse. Que ta vie et ton témoignage suscitent des vocations de prêtres et de diacres pour notre Eglise. Et à la suite, qu'un peuple de chrétiens, d'hommes et de frères de bonne volonté se rassemblent dans une lutte pour la dignité et le droit des pauvres. Dans ton Royaume, accueille-le, Seigneur.
Par M. Suchaud pour ceux en lien avec les prisons :
Jacques,
Ceux à qui tu as si longtemps donné la première place dans ton cœur, ceux-là même que tu installerais aux premiers rangs de cette cathédrale aujourd'hui auprès de toi, s'ils n'étaient enfermés derrière quatre murs, te pleurent et te disent merci.
Merci pour ta foi inébranlable en l'homme, quels que soient les actes qu'ils aient pu commettre ! Merci pour toutes ces années de présence toujours bienveillante en prison et ta prière jusqu'au bout de tes forces !
Pour tous ces hommes et femmes détenus, d'hier et de demain, pour tous ceux qui travaillent auprès d'eux au quotidien, personnels de surveillance, travailleurs sociaux, médicaux, éducatifs, pour les visiteurs et membres des équipes d'aumônerie de prison, Seigneur, nous te prions.
Par Paul Mandonnaud pour les mouvements avec les (d'aide aux) pauvres :
Seigneur, Jacques a demandé jusqu'à la fin de prier pour lui afin qu'il reste humain.
Le cœur de sa vie était un combat constant contre les injustices sociales.
Donne-nous, comme Jacques l'a vécu, d'accueillir sans préjugés, sans supériorité, sans idées préconçues et dans un espace en nous d'écoute, nos frères les plus pauvres.
Aide-nous à nous engager chaque jour à sa suite dans les associations et institutions publiques, pour que les plus pauvres retrouvent toute leur place dans la société et toute leur dignité.
Nous t'en prions, Seigneur.
Fin de la messe, Mme bernadette NICOLAS
Tout ce monde aujourd'hui dans cette cathédrale c' est pour vous, pour vous dire merci. Merci pour tout ce qui a pu être réalisé avec vous, grâce à vous. Mais au-dela du merci que chacun a pu vous faire dans le fond de son coeur, j'aimerai vous apporter un merci plus spécial; pour tous ces jeunes accueillis, recueillis, élevés dans l' appartement de la ZUP; pour les prisonniers de la maison d'Arret de LIMOGES; pour les SDF, les pauvres, les exclus au Foyer des Augustins, au collectif 87, au restaurent social; pour la création de l' Association oecuménique Solidarité Famille qui a permis et permet à des familles dans le besoin de relever la tête.
Merci pour toutes les personnes que vous avez remis debout.
Vous avez fait lever tant d' affection, d' amitié, d' estime. Vous avez su donner tant de bonheur et de courage.
Les saisons de la vie, les gaies et les tristes, vous les avez partagées avec nous et vous les avez tant semé de paroles, de silence, de présence, de prières, de conseils, de coup de main, de coup de geule.
Jacques, merci pour les merveilleux témoignages que vous avez donnés, aux croyants comme aux incroyants et que grâce à vous, nous continuons à faire notre cette parole de jésus Christ;"Ce que vous faites aux plus petits d' entre les miens, c' est à moi que vous le faites."
FIN DE LA MESSES.